Yves Simon, Ancien député de l'Allier

 
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les élus locaux: accusés à tort!

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Les finances des collectivités françaises sont-elles plus mal gérées que celles de l’Etat ? Rappelons que les budgets de la Nation et de  la Sécurité Sociale sont votés par le parlement sur proposition du gouvernement et du chef de L’Etat. Certes,des dérives de gestion existent au plan local mais elles sont rares car les collectivités ne peuvent pas emprunter pour assurer leurs dépenses de fonctionnement contrairement à l’Etat. Les comptes de la Nation France ne sont plus équilibrésdepuis 1975, les dépenses sont supérieures aux ressources d’où une dette publique directe de plus de 2200 milliards d’euros, proche de 100% du PIB (produit intérieur brut).

Autre constat, différents gouvernements, depuis 1981, ont considéré que les collectivités pouvaient contribuer à la baisse du chômage. Les incitations par le biais de contrats aidés ont été multiples : TUC, emplois jeunes, emplois d’avenir…Ainsi, de nombreuses collectivités ont créé de nombreuxservices dont certains concurrencent de façon déloyale l’artisanat local ou sont très déficitaires comme les crèches.

De plus, l’Etat a alourdi les charges des collectivités avec les 35 heures (plus 11% des dépenses en personnel), a créé de nouvelles charges avec des compensations financières insuffisantes (Allocation personnalisée d’autonomie, Temps d’activité périscolaire…) voire sans compensation du tout. La suppression de la Taxe d’habitation rendra les communes plus dépendantes de Bercy, la recentralisation est en marche depuis les lois de décentralisation !

Par ailleurs, l’Etat réduit de façon drastique ses dotations de fonctionnement aux collectivités depuis 2013. Elles sont passées de 41,5 milliards d’euros en 2014 à 30,8 en 2017(-25,8%) et la baisse n’est pas finie. Tous les élus locaux constatent que les missions assurées pour le compte de l’Etat par les collectivités n’ont pas baissé, que les charges et les taxes sont en forte hausse alors ils sont contraints de diminuer les investissements (impact négatif sur l’emploi) et certaines collectivités sont obligées d’augmenter leurs taux d’imposition. Plus de 10% des communes de l’Allier sont en difficultés financières.

Enfin, les réformes territoriales (redécoupage des intercommunalités et des régions) ne génèrent aucune économie, pire, elles contribuent à l’augmentation descharges : distances et temps pour se rendre aux réunions régionales plus éloignées, alignement des avantages pour le personnel vers le plus haut… De plus en plus de spécialistes s’interrogent sur l’utilité des régions et des intercommunalités.

Cerise sur le gâteau depuis quelques mois, une communication médiatique, bien orchestrée depuis les instances nationales, met en accusation les élus locaux qui seraient de grands gaspilleurs d’argent public, qui devraient licencier à tour de bras pour diminuer le nombre d’emplois publics et qui devraient fusionner les communes pour faire des économies ! Mais, il faut rappeler à nos gouvernants et à nos médias que le statut de la fonction publique existe, que le licenciement est quasiment impossible et que l’indemnisation du chômage est assuré par la collectivité.

Le constat est donc très cruel pour celles et ceux qui guident la politique nationale depuis plus de 40 ans. Il est promis aux ruraux des jeunes énarques pour les rendre intelligents ! Mais le bon sens paysan montre qu’il ne faut pas dépenser plus que l’on dispose. Nos gouvernants nationaux et la haute fonction publique devraient montrer l’exemple aux élus locaux en équilibrant les comptes de la Nation. « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais » ne motivent plus les élus locaux !

Quelques Conseils pourraient être suggérés aux conseillers financiers de la Nation : il faut inscrire l’action dans le temps (planification)cesser de changer d’orientation tous les ans, arrêter  d’imaginer de fausses économies… et surtout montrer l’exemple pour être considérés. Je peux témoigner qu’une autre méthode de gestion des comptes publics existe, si et seulement si, on mesure les tenants et les aboutissants de toute action politique. Je confiais au Président de l’ADEME aux assises européennes de la transition énergétiques à Genève, fin janvier 2018, que la plupart des préconisations sur la transition énergétique coutaient plus chères et généraient des déficits de fonctionnement!

 

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