Yves Simon, Ancien député de l'Allier

 
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Que nos gouvernants montrent l’exemple et tout ira mieux !

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Article Aurore Bourbonnaise du 19 ocobre 2018 signé Yves Simon

A défaut de croissance suffisante et de maitrise de la dépense publique, les finances françaises se portent de plus en plus mal depuis des années. La dette publique, sur des bases comparables avec d’autres pays occidentaux, atteint 100% du PIB national. Les prélèvements obligatoires ponctionnés auprès des français battent tous les records mondiaux pour financer des dépenses publiques dérivantes. Nous n’avons pas atteint le fond du gouffre aux dires d’experts et les supercheries électoralistes (la dernière : suppression de la taxe d’habitation, comme aurait dit J. Brel « Faut pas jouer les riches quand on n’a pas le sou !) creuseront un peu plus les déficits toujours payés par la même personne : le contribuable/usager.

Ne nous y trompons pas : c’est toujours le même qui paie, rien n’est gratuit et les promesses électorales sont payées par l’électeur et elles sont de plus en plus gratinées. Pour compenser la suppression de la Taxe d’habitation, l’Etat doit trouver 20 milliards, certes la gouvernance laissera une partie des charges à la majorité suivante. Pour obtenir 20 milliards d’euros de recettes, l’Etat devrait majorer en moyenne l’impôt sur le revenu de 27% ou la TVA de 11% ! L’impasse électoraliste est démentielle. Il faut ajouter que la TH n’était pas si injuste que cela puis que les 80% qui seront exonérés en premier payaient l’équivalent de 10 milliards (50% du montant total) et les 20 % de contribuables restants paient 10 milliards soit 4 fois plus par habitation ! Qui sera le plus avantagé au final?

La gestion de l’Etat français est loin d’être exemplaire et aucun pays ne suit notre modèle. D’ailleurs à longueur de journée, nos dirigeants citent des modèles étrangers pour nous rassurer. Ce qui devient choquant, c’est la mise en cause de la gestion des collectivités. Pour répondre à la réduction du déficit des comptes nationaux (moins de 3%), les gouvernements successifs, depuis 2014, ont réduit les dotations d’Etat versées aux collectivités de 30%. En 4 ans, l’Etat a économisé sur le dos des collectivités presque 1 an de dotations. N’oublions pas non plus que les collectivités ont été appelées, à de multiples reprises (relance régulières des préfectures, articles de journaux stigmatisant celles qui n’embauchaient pas…), à embaucher ces 20 dernières années : emplois jeunes, emplois d’avenir, service civique…

Alors, il est navrant de constater les manœuvres nationales engagées pour stigmatiser, pour discréditer, pour déstabiliser… les élus locaux. La fuite savamment organisée de la liste des 6200 communes, qui ont dû augmenter leurs taux de TH en 2018, n’est pas anodine. Une telle manœuvre sert-elle à cacher le non-retour de la croissance en France, l’explosion des taxes d’Etat pour boucher les gouffres budgétaires (en particulier taxes carburants, combustibles, taxe carbone…). Il y a lieu de s’interroger sur les tenants et aboutissants de cette manœuvre à un moment difficile de la vie politique de notre Nation. Des maires ont augmenté le taux de leur taxe d’habitation par nécessité budgétaire et d’autres ont peut-être anticipé l’incertitude des compensations, la perte de la TH pour toute construction neuve ayant entraîné le cofinancement communal d’infrastructures. N’oublions pas, une part de la TH sert à l’autofinancement direct d’investissement et au remboursement des prêts bancaires.

De nombreux maires ont mis en place des politiques d’encadrement des dépenses de fonctionnement. Contrairement à l’Etat, une collectivité ne peut pas emprunter pour financer des dépenses de fonctionnement ; seules les dépenses d’investissement peuvent être cofinancées par l’emprunt. Des Conseils municipaux responsables se sont engagés dans la réduction des masses salariales, dans l’abaissement des dépenses énergétiques, dans la privatisation de services opérant dans le domaine concurrentiel, dans la création de ressources propres, dans la gestion dynamique et analytiques des comptes publics… Une telle démarche produit, à moyen terme, des effets très positifs en augmentant les capacités d’autofinancement des programmes d’investissements porteurs de modernité, d’emplois privés, générateurs de taxes utiles au ressourcement de la dépense publique.

Alors, les maires bâtisseurs demandent à l’Etat d’être exigeant vis-à-vis de lui-même, de montrer l’exemple et d’assumer la solidarité nationale, règle d’or d’une République une et indivisible. Si  l’Etat commençait par bloquer le montant de la dépense publique en ne s’interdisant ni le transfert d’un secteur à un autre, ni la privatisation dans le domaine concurrentiel, ni la suppression de services publics globalement inutiles, désuets et hostiles, ni la comptabilité analytique. Alors et seulement si, notre Nation pourrait retrouver les effets bénéfiques des comptes publics destinés à accompagner les orientations profondes pour affronter une mondialisation qui met à mal l’économie de nos pays empêtrés dans les normes et les règles d’antan!

Les Communes sont le premier investisseur public en France.

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