Yves Simon, Ancien député de l'Allier

 
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Au nom de quelle terre?

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Nous sommes à quelques jours du 11 novembre. Il y a 101 ans, l’armistice était signé par le Maréchal Foch au nom de la France après 4 ans d’une épouvantable guerre. Ce conflit mondial a provoqué la mort de 18,6 millions de personnes. Il a décimé les campagnes françaises. La commune de Meillard, peuplée de 750 personnes au début des années 1900, a perdu 34 jeunes soldats dont 4 enfants d’une même famille. Avec le temps, cette guerre représente le premier drame du monde agricole du 20ème siècle.

La seconde guerre mondiale, moins mortifère dans nos campagnes, a montré l’importance du matériel militaire. Après ce conflit, le monde agricole s’est matérialisé progressivement sous l’influence du plan Marschall (1948/1951). Au début des années 1950, la France connait son premier exode rural. Les populations quittent les zones agricoles les plus fragiles et les plus difficiles à exploiter. C’est à cette époque que le Sénateur Aubert crée le mouvement « Gîtes de France » pour tenter de donner une seconde vie au magnifique patrimoine bâti en pierre dans nos campagnes. Il espérait aussi que des devises récoltées éviteraient la désertification des territoires ruraux.

Au début des années soixante (1962), les 6 pays signataires du traité de Rome (1957) engagent une Politique agricole commune. Basée sur des volontés fortes pour sortir de la dépendance alimentaire, cette première PAC est destinée à accroitre les productions, à assurer un niveau de vie équitable pour la population agricole, à stabiliser les marchés, à garantir la sécurité des approvisionnements et à assurer des prix raisonnables aux consommateurs. 

De 1960 à 1970, l’agriculture des 6 pays européens connait un essor extraordinaire. Victime de son succès (importants excédents et prix supérieurs aux prix mondiaux), la PAC connaîtra un coup d’arrêt en 1992 avec un alignement des prix européens sur les prix mondiaux et l’introduction des aides compensatrices très mal vécues. L’énorme difficulté pour nos agriculteurs fut et demeure le niveau des charges et des normes excessives intra Europe, intra France. Cet environnement social, sanitaire et environnemental n’a pastenu compte, et ne tient toujours pas compte, de la concurrence mondiale. En conséquence, le revenu agricole est réduit à néant en France.

Un agriculteur se suicide chaque jour et presque dans l’indifférence générale. Ces entrepreneurs qui mettent fin à leurs jours ne supportent plus l’échec, la difficulté pour faire vivre dignement leur famille, l’oppression du banquier, de l’assureur et du fournisseur. Le film « Au nom de la Terre »montre ce formidable espoir de devenir agriculteur et cette longue descente aux enfers où toute tentative, pour redresser la situation par de nouveaux investissements, se traduit par une dégradation de l’existant.

Mais ce film oublie une chose : pourquoi en est-on arrivé là ? Quel rôle le consommateur a-t-il joué, lui qui veut de mieux en mieux manger, qui décide de tout acheter à bas prix et qui préfère les loisirs ? Quelles origines médiatiques influencent l’agribashing ? Quelles officines, étrangères et françaises, ont intérêt à voir disparaitre l’économie agricole de notre Pays pour la remplacer par des importations non soumises aux règles et normes françaises ? 

Pour l’être humain, la pire des souffrances est la faim. 800 millions d’êtres humains ont faim aujourd’hui. L’évolution de la population, dans certaines régions de la planète, montre que cette situation empire de nouveau. Des pays achètent des terres étrangères pour nourrir leurs populations au risque d’affamer à terme les populations locales. 

Alors, il m’est de plus en plus difficile :

• d’entendre ses attaques quotidiennes non fondées contre nos agriculteurs tétanisés,
• d’oublier le prix qu’ils ont payé pour notre liberté entre 1914 et 1918,
• d’accuser les exploitants agricoles victimes de la recherche et l’industrie,
• d’imaginer des territoires ruraux sans paysans et une France dépendante pour son alimentation humaine.

« CA SUFFIT », les responsables ne sont pas les agriculteurs. Une société qui détruit ses racines, qui ne mesure pas la portée de ses actes, qui est basée sur l’égoïsme présent, cette sociétén’a pas d’avenir.

 

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